SCIENCES, TECHNOLOGIE ET INNOVATION AU BRÉSIL

Gestion et promotion de la politique brésilienne en STI

Stratégie brésilienne de transformation numérique

Connexion Start-up Brésil-France

Partenariat Brésil-France en STI

Opportunités et événements

 Cadre légal des STI

Dans les vingt dernières années, le Brésil s’est constitué un système de recherche et d’études de 3e cycle robuste, qui a permis d’importants progrès dans la formation de professionnels et dans l’augmentation de la production scientifique nationale. La politique brésilienne en matière de STI cherche à transformer les avancées de la science brésilienne en bénéfices pour la société et en amélioration des indicateurs technologiques et d’innovation dans les entreprises.

Le « Cadre légal pour les Sciences, la Technologie et l’Innovation » s’appuie sur deux instruments juridiques centraux. En premier lieu, l’amendement constitutionnel nº 85, du 26/02/2015, qui met à jour le traitement juridique des activités dans le domaine des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation. En second lieu, la Loi nº 13 243, du 11/01/2016, qui apporte des améliorations aux mesures incitatives pour l’innovation et la recherche scientifique et technologique dans l’environnement productif, visant la formation, l’obtention de l’autonomie technologique et le développement du système productif national et régional du Brésil. Le Cadre légal a créé un environnement propice à la recherche, au développement et à l’innovation dans les universités, les instituts publics et les entreprises.

Le 07/02/2018, des réglementations ont également été approuvées dans différents domaines connexes, tels que : l’incitation à la formation d’alliances stratégiques et au développement de projets de coopération entre entreprises, instituts de sciences et technologie et entités privées à but non lucratif ; la facilitation des transferts de technologie d’instituts publics vers le secteur privé ; et l’assouplissement des marchés publics, des contrats et des procédures d’importation de biens et de produits utilisés dans la recherche scientifique et technologique et les projets d’innovation.

Ces dispositifs sont compilés dans la publication de 2018 Novo Marco Legal da Ciência, Tecnologia e Inovação (« Nouveau cadre légal des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation »), disponible en portugais à l’adresse :

http://www.mctic.gov.br/mctic/export/sites/institucional/arquivos/marco_legal_de_cti.pdf

Indicateurs en STI

Publié en 2017, le rapport « Indicateurs en STI au Brésil (2000-2005) » présente des données et des statistiques concernant les dépenses nationales et au niveau des États fédérés en matière de STI, par activité ; les ressources humaines dans le domaine ; les bourses d’études octroyées ; les articles publiés ; et les dépôts de brevets, entre autres informations. Le document est disponible à l’adresse :

http://www.mctic.gov.br/mctic/export/sites/institucional/indicadores/arquivos/Indicadores-2017.pdf

Gestion et promotion de la politique brésilienne en STI

Le Brésil possède un système structuré de gestion, de coordination, et de promotion des politiques de STI. Ce dispositif est composé d’un organisme central de coordination (le ministère des Sciences, de la Technologie, des Innovations et des Communications, Ministério da Ciência, Tecnologia, Inovações e Comunicações – MCTIC) et d’agences de promotion responsables de la définition et de la mise en œuvre de politiques de développement des sciences, de la technologie et de l’innovation. Un modèle analogue existe au niveau des États fédérés pour la gestion des politiques locales de développement en matière de sciences et technologie.

Le ministère des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation (MCTI) a été créé en 1985 et, en 2016, a incorporé dans son champ de compétences les thématiques du ministère des Communications lors de la suppression de celui-ci. Aujourd’hui, le MCTIC est chargé des sujets suivants :

  • Politique nationale de télécommunications ;
  • Politique nationale de radiodiffusion ;
  • Services postaux, des télécommunications et de la radiodiffusion ;
  • Politiques nationales de recherche scientifique et technologique et d’incitation à l’innovation ;
  • Planification, coordination, supervision et contrôle des activités dans le domaine des sciences, de la technologie et de l’innovation ;
  • Politique de développement de l’informatique et de l’automatique ;
  • Politique nationale de biosécurité;
  • Politique spatiale;
  • Politique nucléaire;
  • Contrôle des exportations des biens et services sensibles;
  • Coordination avec les gouvernements des États fédérés et du District fédéral, les administrations municipales, la société civile et des organismes du gouvernement fédéral en vue de définir des directives pour les politiques nationales dans le domaine des sciences, de la technologie et de l’innovation.

Fonds

  1. Fonds national de développement scientifique et technologique (Fundo Nacional de Desenvolvimento Científico e Tecnológico – FNDCT) – http://www.mctic.gov.br/mctic/opencms/fundos/fndct/paginas/sobre.html

Créé en 1969, dans le but de soutenir financièrement des programmes et des projets nationaux prioritaires de développement scientifique et technologique, dont les ressources proviennent d’incitations fiscales, de prêts d’institutions financières, et de contributions et dons d’entités publiques et privées.

  1. Fonds pour le développement technologique des Télécommunications (Fundo para o Desenvolvimento Tecnológico das Telecomunicações – FUNTTEL) – http://www.mctic.gov.br/mctic/opencms/fundos/funttel/paginas/sobre.html

Créé en 2000 pour stimuler le processus d’innovation technologique, encourager la formation de professionnels, développer la création d’emplois et promouvoir l’accès des petites et moyennes entreprises au capital, de façon à augmenter la compétitivité de l’industrie brésilienne des télécommunications. Ses agents financiers sont la Banque nationale de développement économique et social (Banco Nacional de Desenvolvimento Econômico e Social – BNDES) et l’Entreprise de financement d’études et projets (Empresa Financiadora de Estudos e Projetos – FINEP).

Réseau brésilien en STI

(I) Agences spécialisées

  1. Agence spatiale brésilienne (Agência Espacial Brasileira – AEB) – http://www.aeb.gov.br/

Mission: Habiliter le pays à développer les sciences et à utiliser les technologies spatiales pour résoudre les problèmes nationaux au bénéfice de la société brésilienne, contribuant à l’amélioration de la qualité de vie à travers la création de richesses et l’offre d’emplois, l’approfondissement de la connaissance du territoire national et de meilleures perception et gestion de l’environnement.

  1. Agence nationale des télécommunications (Agência Nacional de Telecomunicações – ANATEL) – http://www.anatel.gov.br/institucional/

Mission: Réguler le secteur des télécommunications au Brésil.

  1. Commission nationale de l’Énergie nucléaire (Comissão Nacional de Energia Nuclear – CNEN) – http://www.cnen.gov.br/

Mission: Assurer l’utilisation sûre et pacifique de l’énergie nucléaire, développer et offrir des technologies nucléaires et connexes.

  1. Conseil national de développement scientifique et technologique (Conselho Nacional de Desenvolvimento Científico e Tecnológico – CNPq) – http://www.cnpq.br

Mission: Promouvoir les sciences, la technologie et l’innovation et prendre part à la formulation de leurs politiques pour repousser les limites de la connaissance et du développement scientifique et technologique au Brésil.

(II) Conseils

  1. Commission technique nationale de biosécurité (Comissão Técnica Nacional de Biossegurança – CTNBio) – http://ctnbio.mcti.gov.br

Instance collégiale multidisciplinaire créée en 2005 pour apporter un soutien technique consultatif au gouvernement brésilien dans la formulation, la mise à jour et la mise en œuvre de la Politique nationale de biosécurité relative aux organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle le conseille également dans la définition de normes techniques de sécurité et la rédaction de rapports techniques concernant la protection de la santé humaine, des organismes vivants et de l’environnement, dans les activités qui touchent à la construction, l’expérimentation, la culture, la manipulation, le transport, la commercialisation, la consommation, le stockage, la libération et le rejet d’OGM et de leurs dérivés.

  1. Conseil national des sciences et de la technologie (Conselho Nacional de Ciência e Tecnologia – CCT)

Créé en 1996 et réglementé en 2016 pour exercer la fonction d’organisme consultatif de conseil de haut niveau auprès de la Présidence de la République pour la formulation et la mise en œuvre de la politique nationale des sciences, de la technologie et de l’innovation.

  1. Conseil national de contrôle de l’expérimentation animale (Conselho Nacional de Controle de Experimentação Animal – CONCEA) – http://www.mctic.gov.br/mctic/opencms/institucional/concea/index.html

C’est une instance collégiale multidisciplinaire, rattaché au MCTIC, dont l’objectif est de formuler des normes concernant l’utilisation humanitaire d’animaux à des fins éducatives et scientifiques, et de mettre en place des procédures pour l’installation et le fonctionnement de centres d’élevage, de locaux d’hébergement et de laboratoires d’expérimentation animale.

Stratégie brésilienne de transformation numérique

La Stratégie brésilienne pour la transformation numérique (Estratégia Brasileira para a Transformação Digital, « E-Digital ») a été lancée le 21 mars 2018. Elle établit, pour les quatre prochaines années, les directives stratégiques et un ensemble d’actions pour promouvoir le processus de numérisation de la production, l’éducation et la formation à l’environnement numérique, la croissance économique et la compétitivité du pays.

Le but de la Stratégie est également de coordonner les différentes initiatives gouvernementales sur les questions numériques à l’intérieur d’un cadre cohérent, et de définir des indicateurs qui permettront de suivre les progrès obtenus dans la réalisation de ses objectifs. L’élaboration de la Stratégie « E-Digital » est le fruit d’un large effort interministériel, dans lequel différents segments du secteur privé, de la communauté scientifique et universitaire et de la société civile ont été consultés.

La Stratégie « E-Digital » comprend deux groupes d’axes thématiques : les Axes préparatoires au développement dans le domaine numérique et les Axes de transformation numérique. Chaque axe thématique est détaillé selon quatre dimensions : diagnostic des défis actuels ; vision de l’avenir souhaitable ; ensemble d’actions stratégiques qui rapprochent de cette vision ; et indicateurs et données pour suivre les progrès obtenus dans la réalisation des objectifs.

Les Axes préparatoires comprennent des initiatives qui visent à créer un environnement propice à la transformation numérique de l’économie brésilienne. Ces initiatives incluent des actions pour les infrastructures et l’accès aux technologies de l’information et de la communication ; des activités de recherche, de développement et d’innovation ; le développement d’un environnement réglementaire approprié ; des règles et des normes qui encouragent la confiance dans l’univers numérique ; l’acquisition de compétences éducatives et professionnelles adaptées à l’économie numérique ; et l’insertion internationale du Brésil.

Les actions de l’Axe de transformation numérique sont organisées en deux groupes :

– Transformation numérique de l’économie (économie basée sur des données, dispositifs connectés, nouveaux modèles d’affaires) ; et,

– Transformation numérique du gouvernement (citoyenneté dans le monde numérique et efficacité dans la prestation de services gouvernementaux).

Le texte de la Stratégie « E-Digital » est disponible en portugais à l’adresse : http://www.mctic.gov.br/mctic/export/sites/institucional/estrategiadigital.pdf

Vous trouverez la présentation et l’introduction du document en français sur : http://fr.educ-br.fr/strategie-nationale-pour-la-transformation-numerique/

Connexion Start-up Brésil-France

Au cours des dernières années, d’importantes initiatives pour la promotion réciproque des startups brésiliennes et françaises ont vu le jour. Par exemple, c’est en novembre 2016, à l’occasion du Forum économique Brésil-France, à Paris, qu’a été annoncée la création du hub « French Tech » de São Paulo (https://lespepitestech.com/french-tech-hub/sao-paulo) – le premier en Amérique latine.

En décembre 2017, une mission à Paris a été programmée pour 14 startups brésiliennes, dans le cadre de « Startout Brasil – Dare to be Global » (https://www.startoutbrasil.com.br/), dans le but de prospecter des clients et des investisseurs, et de créer des passerelles avec les environnements d’innovation français. Le programme a organisé des visites à Paris&Co (agence de développement économique et d’innovation de Paris), au Hub (accélérateur de BPIFrance), et à Station F (le plus grand campus de startups au monde).

Ci-dessous, les startups brésiliennes qui ont participé à ladite mission:

Partenariat Brésil-France en STI

Le partenariat bilatéral en matière de sciences, technologie et innovation, qui est ancien et diversifié, reflète le niveau élevé de confiance qui existe entre le Brésil et la France. En témoignent les transferts de technologie qui ont pu être menés à bien, notamment dans le cadre de deux méga projets : le lancement en mai 2015 du satellite géostationnaire de défense et de communications stratégiques (SGDC), et la construction du supercalculateur « Santos Dumont », inauguré en décembre de la même année. Ces deux initiatives, toujours en cours, participent au développement scientifique et technologique brésilien dans leurs domaines respectifs.

Supercalculateurs

Le supercalculateur Santos Dumont (SDumont) a été inauguré au Laboratoire national de calcul scientifique (Laboratório Nacional de Computação Científica, LNCC) dans la commune de Petrópolis (Rio de Janeiro) en décembre 2015. Le système a été développé et produit en France par Atos/Bull dans le contexte de l’accord Brésil-France en matière de calcul haute performance (2011). L’achat, l’installation et l’opération du système se sont faits dans le cadre du programme stratégique de logiciels et de services de technologie de l’information (Programa Estratégico de Software e Serviços de Tecnologia da Informação, TI MAIOR).

Le supercalculteur est accessible à la communauté scientifique brésilienne depuis juillet 2016 ; aujourd’hui, il est utilisé sur 96 projets de recherche dans 16 domaines de connaissance, dans des établissements de recherche dans 11 États brésiliens. Une liste des travaux publiés qui ont bénéficié du SDumont est consultable à l’adresse suivante : http://www.cenapad-rj.lncc.br/publicacoes/

Satellite géostationnaire

En ce qui concerne la coopération en matière de technologies de l’information et de la communication, le satellite géostationnaire de défense et de communications stratégiques, réalisé par la société franco-italienne Thales, a été lancé en mai 2015. Ce satellite permettra de déployer l’offre d’accès à Internet à haut-débit à travers le pays, comme le prévoit le plan national sur l’internet à haut-débit, et d’assurer des communications sécurisées, autonomes et souveraines, pour les forces armées.

Le SGDC devrait apporter des avantages considérables à l’industrie aérospatiale brésilienne, dans la mesure où le programme dans lequel il s’inscrit prévoit un transfert des technologies embarquées sur le satellite en bénéfice d’entreprises et d’organismes brésiliens. Une vingtaine de technologies de satellite capitales ont été partagées par la société française avec des fabricants brésiliens à travers l’accord de transfert de technologie dans le domaine spatial ; de plus, 51 ingénieurs brésiliens ont été envoyés chez Thales, à Cannes et à Toulouse, dans le cadre du plan d’absorption de technologies spatiales.

Coopération scientifique et technologique

Le Brésil et la France mènent une collaboration importante dans le domaine de la recherche scientifique et technologique. La coopération du Brésil avec le CNRS, principal organisme français de recherche scientifique, est ancienne et solide : elle remonte à 1975, lorsque le CNRS et le Conseil national de développement scientifique et technologique (Conselho Nacional de Desenvolvimento Científico e Tecnológico, CNPq) ont conclu un accord pour le financement de plusieurs projets de recherche.

Depuis, d’importants progrès ont été réalisés, avec le passage d’appels à projets ponctuels à des projets plus structurés, et la création, en 2010, du bureau du CNRS à Rio de Janeiro. Soulignons également les arrangements bilatéraux : accord entre le CNRS et la Fondation de soutien à la recherche de l’État de São Paulo (Fundacão de Amparo à Pesquisa do Estado de São Paulo, FAPESP) de 2004 (reconduit en 2012 puis en 2016), qui prévoit des appels à projet annuels et chapote actuellement 12 projets ; accord entre le CNRS et la Fondation Oswaldo Cruz (FIOCRUZ), de 2006 ; accord entre le CNRS et la Fondation de soutien à la recherche de l’État de Bahia (Fundacão de Amparo à Pesquisa do Estado de Bahia, FAPESB), de 2006 ; accord entre le CNRS, le Conseil des secrétariats à la Science, la Technologie et l’Innovation des États fédérés (Conselho nacional de secretários estaduais para assuntos de Ciência, Tecnologia e Inovação , CONSECTI) et le Conseil national des fondations d’États d’appui à la recherche (Conselho nacional das fundações estaduais de amparo à pesquisa , CONFAP) de 2011, qui, lui aussi, prévoit des appels à projets annuels, et pilote aujourd’hui 9 projets.

Données actualisées sur la recherche scientifique et technologique

En juin 2018, 12 programmes de recherche étaient en cours dans des laboratoires brésiliens et français associés : à l’UFPA (Université fédérale du Pará)/Bélem, en biologie, à UESC (Université d’État de Santa Cruz)/Ilhéus, en chimie ; à l’UFRJ (Université fédérale de Rio de Janeiro)/RJ, en physique et environnement ; à l’IMPA (Institut national de mathématiques pures et appliquées)/RJ en mathématiques ; au LNCC/RJ en écologie ; à l’ITA (Institut technologique de l’aéronautique)/SP en physique nucléaire ; à l’Unicamp (Université d’État de Campinas)/SP en ingénierie ; au LNBio (Laboratoire national en biosciences)/SP, en biologie; à l’USP (Université de São Paulo)/SP, en biologie; à l’UFMG (Université fédérale de Minas Gerais)/MG, en ingénierie; à l’UFRGS (Université fédérale du Rio Grande do Sul)/Porto Alegre en informatique ; et à l’hôpital Hospital Pequeno Príncipe/Curitiba en biologie.

Sur 38 618 publications brésiliennes parues entre 2013 et 2014 (données de « Web of Science Documents »), 1 597 sont des co-publications avec la France, dont 1 067 avec le CNRS. Les principaux domaines de connaissances concernés sont la physique (50%), les sciences de l’univers (21,8%), l’ingénierie (12%) et la chimie (11%).

En 2016, le CNRS a effectué 755 missions au Brésil – ce qui en fait la première destination du centre en Amérique latine – autour notamment de projets dans les domaines des sciences sociales et humaines, des sciences de l’univers, et de la chimie. Le CNRS accueille actuellement 17 chercheurs, 365 doctorants et 77 étudiants en post-doctorat brésiliens.

Dialogue bilatéral en STI

Un protocole d’entente sur la coopération en matière d’innovation a été signé en 2011, qui vise à approfondir le partenariat stratégique en recherche et développement entre les acteurs publics et privés dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation. De cet instrument est né le groupe de travail franco-brésilien sur l’innovation, piloté par le ministère de l’Industrie, du Commerce extérieur et des Services brésilien et le ministère de l’Économie et des Finances français. Le groupe, dont la dernière édition s’est tenue en 2016, se réunit quatre fois par an.

Opportunités et événements

L’Espace innovation (Sala da Inovação)

– Qu’est que l’Espace innovation? Créé en décembre 2017, cet espace vise à attirer au Brésil des centres et des projets de recherche, de développement et d’innovation (RD&I), dans l’objectif de placer le pays parmi les principaux développeurs de technologies avancées.

– Comment ça marche? L’Espace innovation regroupe les organismes publics chargés des politiques de l’innovation, des programmes et des mesures incitatives au niveau fédéral, dans le but d’organiser, de coordonner et de définir des lignes directrices pour les investissements en RD&I au Brésil, et de mener des activités liées à la captation d’investissements.

– Quelle en est la composition? Le ministère de l’Industrie, du Commerce extérieur et des Services (MDIC) du Brésil assure actuellement le Secrétariat exécutif de l’Espace innovation. Le ministère de la Science, de la Technologie, des Innovations et des Communications, le ministère des Affaires étrangères, et le ministère de l’Industrie, du Commerce extérieur et des Services intègrent son comité exécutif, avec l’agence nationale pour la promotion du commerce et des investissements (APEX-Brasil), la banque brésilienne de développement (BNDES), le conseil national de développement scientifique et technologique (CNPq), et l’agence brésilienne pour l’innovation (FINEP).

– Qui peut y participer? Les sociétés à capitaux étrangers, leurs filiales et entreprises affiliées qui souhaitent monter des centres ou mener des projets d’investissement en RD&I au Brésil.

– Comment faire pour s’inscrire? APEX-Brasil est l’interlocuteur privilégié pour les entreprises qui veulent investir en RD&I au Brésil. Si votre société souhaite accéder aux services de l’Espace innovation, prenez contact par mail, à l’adresse innovate@apexbrasil.com.br

Congrès international des mathématiciens à Rio de Janeiro – 2018

En 2018, le Brésil a intégré les rangs des pays les plus avancés en mathématiques. Le 25 janvier dernier, l’Union mathématique internationale a reconnu l’excellence de la recherche nationale et la contribution importante qu’apporte celle-ci à l’échelle mondiale. Pour la première fois, la principale rencontre dans le domaine des mathématiques s’est tenue dans l’hémisphère sud : le Congrès international des mathématiciens, qui s’est déroulé à Rio de Janeiro, du 1er au 9 août 2018.

Notre équipe brésilienne de mathématiques :

Rio de Janeiro – L’équipe brésilienne qui disputera l’Olympiade internationale de Mathématiques (IMO), qui aura lieu en juillet 2018 au Brésil (Tânia Rêgo/Agência Brasil)

 

Stratégie nationale pour la transformation numérique – « E-digital » Brasilia 2018

PRÉSENTATION

Un programme pour la société numérique de l’avenir.

La Stratégie brésilienne pour la transformation numérique (Estratégia Brasileira para a Transformação Digital, « E-Digital ») est le fruit d’une initiative du gouvernement fédéral, sous la coordination du ministère des Sciences, de la Technologie, de l’Innovation et des Communications, avec la participation active des membres du groupe de travail interministériel chargé de son élaboration. Ce noyau responsable de la formulation du projet a eu des échanges avec plus de 30 organismes de l’administration publique fédérale tout au long du processus.

Le présent document est l’aboutissement d’un parcours qui a débuté par une décision présidentielle formulée à partir d’une recommandation du Conseil pour le développement économique et social (Conselho de Desenvolvimento Econômico e Social – CDES) du Brésil, à l’occasion de sa 46e séance plénière[1]. L’Exécutif a décidé qu’une proposition de stratégie à long terme pour l’économie numérique devait être élaborée avant la fin de l’année 2017. Le résultat est par ailleurs le reflet de l’engagement important de la part du secteur productif, de la communauté scientifique et universitaire et de la société civile au cours des différentes étapes du projet. Nous avons noté une forte participation aux conférences et ateliers pendant le processus de formulation de la stratégie, mais aussi pendant la consultation publique du document de base, qui a reçu des milliers d’accès et de contributions. Cette démarche a permis de réviser et de parfaire la stratégie « E-digital », qui se consolide désormais comme une politique publique à mettre en œuvre.

Les transformations rapides survenues dans l’économie et la société avec l’arrivée du numérique soulèvent de nouveaux défis pour le gouvernement. Les actions stratégiques définies dans le présent document sont axées sur le rôle du gouvernement en tant que préparateur et facilitateur de cette transformation numérique dans le secteur productif du pays, sur le renforcement des compétences pertinentes à cette nouvelle réalité, et sur l’intervention de l’État comme prestataire de services et garant des droits.

La stratégie « E-Digital » pose un vaste diagnostic des défis à relever, et propose une vision de l’avenir, un ensemble d’actions stratégiques qui devrait nous rapprocher de cette vision, et des indicateurs pour évaluer notre progression vers la réalisation de nos objectifs. Il importe de souligner que la stratégie doit être une politique publique « vivante », faisant l’objet d’un suivi, d’évaluations et d’ajustements constants, dans la mesure où le rythme des changements liés au numérique à l’échelle mondiale a tendance à s’accélérer. Mais l’essentiel, c’est surtout que le pays aborde cette transformation comme une occasion pour lui de faire un bond qualitatif. Les innovations numériques apportent des outils qui permettront de transformer en profondeur les interventions du gouvernement, la compétitivité et la productivité des entreprises, le renforcement des compétences de chaque individu et l’inclusion sociale, afin que tous puissent évoluer et s’épanouir.

INTRODUCTION

Tirer pleinement parti du potentiel des technologies numériques pour augmenter la productivité, la compétitivité et les niveaux de revenus et d’emploi dans l’ensemble du pays, en vue de construire pour tous une société libre, juste et prospère.

Les technologies numériques sont de plus en plus présentes dans nos vies, que ce soit à la maison, au travail, dans les écoles, dans les moyens de communication ou dans les interactions sociales. Si le Brésil veut pouvoir profiter pleinement de la révolution numérique, et tirer tous les avantages qu’offre la société de l’information et du savoir, son économie doit se transformer, de manière active, compétitive et inclusive, en intégrant le numérique à ses processus, ses valeurs, et ses connaissances.

L’économie du futur sera numérique, et devra inclure tous les Brésiliens. Une économie moderne et dynamique ne peut l’être que si elle offre l’égalité des chances dans toutes les régions du pays.

Le numérique est un domaine qui a pris une importance capitale dans les économies modernes, et les pays leaders se positionnent stratégiquement sur la question. De nombreux pays cherchent à renforcer leurs compétences et avantages fondamentaux, tout en comblant de grandes lacunes, afin de maximiser les bénéfices de l’économie numérique. Selon la vitalité de leur économie et leurs principales forces productives, certains pays ambitionnent de devenir des leaders dans des secteurs spécifiques et prometteurs, tels que la robotique, l’intelligence artificielle, la fabrication de haute précision et les innovations financières associées au numérique ; d’autres remanient leurs cadres règlementaires en vue de profiter pleinement du potentiel des nouvelles technologies. La recherche de la compétitivité dans les entreprises numériques, la dématérialisation des services publics, la création d’emplois qualifiés dans la nouvelle économie, et la mise en œuvre de politiques pour une éducation plus performante et plus avancée sont quelques-unes des priorités d’intervention en vue du passage au numérique dans le monde.

Il n’en ira pas différemment pour le Brésil. Il nous faudra mettre à profit nos atouts pour répondre aux défis et avancer dans la numérisation de l’économie. S’il est vrai que le pays dispose d’avantages compétitifs solides et marqués dans certains domaines – son industrie agro-alimentaire bien développée, ses secteurs industriels et des services robustes, sa diversité culturelle, son économie importante et diversifiée, son marché de consommation attractif – force est de constater qu’il lui reste des obstacles considérables à surmonter.

En gardant ces questions à l’esprit, nous avons a mené un travail d’évaluation de scénarios et d’élaboration d’une stratégie à long terme, qui a abouti à la présente Stratégie nationale pour la transformation numérique – E-Digital. Un groupe de travail composé de plusieurs organismes du gouvernement a œuvré en collaboration avec des représentants des différents secteurs de l’économie et de la société civile, pour dresser des diagnostics et avancer des visions pour l’avenir, en proposant des initiatives alignées à la vision stratégique.

L’une des priorités de « E-Digital » est de replacer les actions stratégiques dans le contexte des grands programmes internationaux pour le développement, tels que les Objectifs de développement durable[2] à l’horizon 2030, des Nations unies. Des 17 objectifs et leurs 169 cibles, une concerne spécifiquement les technologies de l’information et de la communication, et fait explicitement référence à leurs indicateurs[3]. Cependant, la transition numérique peut également avoir une incidence directe ou indirecte sur plusieurs des autres objectifs et cibles des ODD :

  • Objectif 1 – Élimination de la pauvreté : inclusion financière des plus démunis, grâce à une combinaison de bornes mobiles connectées à Internet, de paiements mobiles et de nouveaux instruments financiers dans le contexte numérique.
  • Objectif 2 – Lutte contre la faim : Internet des objets, pour augmenter la productivité dans l’agroalimentaire, réduire les pertes dans les campagnes et dans le transport et la distribution.
  • Objectif 3 – Santé et bien-être : utilisation de bornes mobiles avec accès aux bases de données médicales, mise en œuvre de dossiers médicaux informatisés ; Internet des objets, pour le suivi et les diagnostics à distance.
  • Objectif 4 – Éducation de qualité : ordinateurs avec accès à des contenus numériques, enseignement à distance, formation d’enseignants et renforcement des compétences.
  • Objectif 9 – Industrie, innovation et infrastructures : expansion des infrastructures Internet, entrepreneuriat numérique, Internet des objets.
  • Objectif 13 – Lutte contre les changements climatiques : réseaux de capteurs reliés à des bornes connectées à Internet, permettant la mise en œuvre d’interventions rapides dans le cadre de la prévention et de l’atténuation des effets des catastrophes naturelles.

Outre les activités de l’ONU, il est important de mentionner le Forum économique mondial (World Economic Forum), qui compile annuellement l’Indice de compétitivité mondiale (Global Competitiveness Index – GCI)[4].

Cet indice compare les économies de 137 pays et définit la compétitivité comme un ensemble d’institutions, de politiques publiques et d’autres facteurs qui déterminent le niveau de productivité, en cherchant à refléter le niveau de prospérité que chaque pays peut atteindre. Le GCI combine 114 indicateurs différents qui tentent de saisir ces données, en incorporant des statistiques de différentes organisations internationales.

Actuellement, le Brésil occupe le 80e rang du GCI. C’est une position en deçà de la performance que le pays peut atteindre, qui a un impact sur le niveau d’attractivité du Brésil pour les nouveaux investissements, et l’image brésilienne sur la scène internationale, avec des retombées négatives sur son développement économique et social. L’objectif de cette stratégie est donc d’élever de manière significative la position du Brésil dans ce classement au long des cinq prochaines années. Le progrès de cet indice et d’autres sera associé au succès de l’économie brésilienne, y compris l’économie numérique du pays.

Une étude récente[5] montre que l’économie numérique représentait environ 22% du PIB brésilien en 2016, pouvant atteindre 25,1% du PIB en 2021, et indique qu’une stratégie numérique optimisée peut apporter une augmentation de 5,7% (soit l’équivalent de 115 milliards de dollars) du PIB estimé pour une année déterminée. Une autre étude[6] considère que, dans les prochaines années, l’économie numérique mondiale devrait avoir un rythme de croissance 2,5 fois supérieur à celui de l’économie mondiale en général. Cette économie numérique mondiale devrait représenter un montant de 23 mille milliards de dollars en 2025.

Afin d’observer la contribution de la transformation numérique à la compétitivité globale du Brésil, la stratégie « E-Digital » a adopté certains indicateurs et données de comparabilité internationale, notamment ceux élaborés par les agences spécialisées des Nations unies, dont :

  • Infrastructure : l’Indice de développement des TIC de l’Union internationale des télécommunications (IDI)
  • Cybersécurité : l’Indice de cybersécurité dans le monde de l’Union internationale des télécommunications (GCI)
  • Commerce électronique : l’Indice du commerce électronique B2C de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement
  • Gouvernement électronique: l’Indice de développement de l’administration en ligne de l’ONU (EGDI)

Il est certain que des changements sont nécessaires pour apporter des améliorations à la société, et que ces transformations peuvent avoir des effets plus positifs pour certaines personnes que pour d’autres. Cependant, le rôle de la stratégie « E-Digital » est de coordonner les différentes politiques publiques pour que l’appropriation des technologies numériques se fasse le plus largement possible, sans de graves dommages sociaux ou dans des secteurs économiques entiers, en faveur de la construction d’une société plus libre, juste, solidaire et prospère économiquement.

La numérisation ouvre de nouvelles opportunités sur de nombreux fronts. Il est déjà possible aujourd’hui d’imaginer plus d’égalité dans l’accès aux ressources éducatives, sans que ne pèsent la localisation géographique, les revenus, la « race », le genre et d’autres facteurs. Il existe de plus en plus d’avantages économiques grâce à l’automatisation, l’analyse statistique et la prise de meilleures décisions fondées sur l’utilisation d’algorithmes et de données. De nouveaux thèmes sur la protection de la vie privée et les droits des individus apparaissent avec la dissémination rapide d’informations et la valeur économique croissante de leur utilisation. Des services à la santé plus accessibles, moins chers et de meilleure qualité pour tous sont aussi une opportunité prometteuse issue des technologies numériques.

De manière similaire à celle d’autres pays, la stratégie « E-Digital » cherche à coordonner les différentes initiatives gouvernementales liées à cette question autour d’une vision unique, synergique et cohérente, afin de soutenir la numérisation des processus productifs et la formation à l’environnement numérique, en vue de promouvoir la création de valeur et la croissance économique. Les innovations dans ce domaine supposent également la création et la mise à jour de cadres réglementaires adaptés. De plus, elles requièrent une structure d’aide à la gouvernance de la stratégie numérique, qui coordonnerait les mécanismes institutionnels existants et garantirait que la priorité soit donnée à la mise en œuvre, au contrôle et à l’évaluation des résultats des projets. Sur la base de ces prémisses et éléments initiaux, le modèle conceptuel suivant a été trouvé :

 Le tableau suivant détaille les différents thèmes déclinés à partir du concept initial :

La division par thèmes de la stratégie de transformation numérique de l’économie et de la société est proposée afin de faciliter la compréhension de l’enchaînement des actions envisagées. Le processus de numérisation de l’économie est plus complexe, puisqu’il comprend des questions transversales et des croisements réciproques. Les actions identifiées grâce à ce travail ont été conçues en tenant compte de cette interdépendance, avec une vision stratégique, sans être isolées, chacune contribuant à renforcer les effets de l’autre.

À partir du modèle conceptuel ci-dessus, la stratégie « E-Digital » s’est appuyée sur deux grands groupes d’axes thématiques : des axes préparatoires et des axes de transformation numérique.

Les axes préparatoires visent à créer un environnement propice à la transformation numérique de l’économie brésilienne, grâce à des projets essentiels pour donner de l’élan à la numérisation. Ces projets comprennent les infrastructures et l’accès aux technologies de l’information et de la communication ; des actions dans la recherche, le développement et l’innovation ; le développement d’un environnement réglementaire approprié ; des normes et des régimes qui encouragent la confiance dans l’univers numérique ; l’acquisition de compétences éducatives et professionnelles adaptées à l’économie numérique ; et l’insertion internationale du Brésil.

Cet environnement préparatoire est propice aux activités qui favorisent la transformation numérique, aussi bien chez les pouvoirs publics que dans le secteur productif. Ainsi, les actions spécifiques ont été regroupées en axes :

  • Transformation numérique de l’économie (axe de l’économie basée sur des données, axe d’un monde de dispositifs connectés, et axe des nouveaux modèles d’affaires rendus possibles par les technologies numériques), et ;
  • Transformation numérique du gouvernement, visant le plein exercice de la citoyenneté dans le monde numérique et la prestation de services à la société.

Les défis pour la mise en œuvre de tels projets sont nombreux. C’est pourquoi cette stratégie prévoit, dès sa formulation, la cohérence et la synergie des différents acteurs, dans le but de profiter totalement du potentiel que les technologies numériques ont à offrir, avec une croissance réelle du pays et la distribution des avantages de l’économie du futur pour tous.

[1] Conselho de Desenvolvimento Econômico e Social. Determinações Presidenciais sobre as Recomendações do 1º ciclo dos Grupos de Trabalho (GTs) do CDES – 2017. [en ligne]. <http://www.cdes.gov.br/Plone/biblioteca/busca/reuniao-plenaria/deliberacao/determinacoes-presidenciais-do-1o-ciclo-degts/view> (Consulté le 29/09/2017)

[2] Nations unies. Conheça os novos 17 Objetivos de Desenvolvimento Sustentável da ONU. [en ligne]. <https://nacoesunidas.org/conheca-os-novos-17-objetivos-de-desenvolvimento-sustentavel-da-onu> (Consulté le 29/09/2017)

[3] Il s’agit de l’Objectif 9, cible 9c : « Accroître nettement l’accès aux technologies de l’information et de la communication et faire en sorte que tous les habitants des pays les moins avancés aient accès à Internet à un coût abordable d’ici à 2022 »

[4] Forum économique mondial. The Global Competitiveness Report 2016–2017. [en ligne]. <http://www.weforum.org/reports/the-global-competitiveness-report-2016-2017-1> (Consulté le 06/07/2017)

[5] Accenture. Digital Disruption: The Growth Multiplier. [en ligne]. <https://www.accenture.com/us-en/insight-digital-disruption-growth-multiplier> (Consulté le 14/09/2017)

[6] Oxford Economics. Digital Spillover – Measuring the true impact of the digital economy. [en ligne]. <http://www.huawei.com/minisite/gci/en/digital-spillover/files/gci_digital_spillover.pdf> (Consulté le 06/09/2017)